Yves Popet
C'est sans doute, comble d'ironie, parce que l'oeil de Popet
nous sourit que des à priori nous aident à soupçonner
sa vocation qui, rassurons nous, est exempt de sanctification
et d'anathème. La mission qu'il s'est assignée
sera de montrer que l'art est une conquête permanente et
non pas un droit acquis; il refuse les aléas de la chance
au profit de l'expérimentation: en somme un anachorète
qui nous raconte les tribulations d'un carré dans un carré.
Le miracle de la transmutation s'opère dans un dialogue
fond-forme.
Il lui suffit de déplacer l'un dans l'autre ou d'en
changer les couleurs pour nous faire regarder l'infini. Ses tableaux
sont en relation les uns les autres, la simplicité peut
ainsi devenir extravagante, tant la complexité sous-jacente
qui préside à son élaboration s'efface.
L'oeuvre devient secrète,
car elle ne révèle plus tous les détours
qui ont permis de procéder à l'investissement de
la surface.
Certains, les mains devant les yeux, incriminent la simplicité
du vocabulaire: le carré et encore le carré. Ils
essayent de raisonner au lieu de regarder. C'est le fond et non
la forme qui préoccupe Popet et le fini des moyens nous
mène à l'infini du regard. Il nous introduit dans
l'univers des possibles qui dépasse l'instant, refusant
ainsi de se complaire dans le quotidien avec ses plaisirs et
ses drames, ces moments incongrus traduisant par des gestuels
et une profusion de signes leurs inadaptations à gérer
et lier moments de la vie. Popet préfère être
l'architecte de la lumière et le puisatier de la nuit.
La continuité dans la recherche est le paradigme de 50
volonté de peindre toujours et autrement.
Jean-Claude Lahumière
Visuel: XVIII - 1998,
80 x 80 cm, acryl sur toile
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